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la coexistence entre l'islam et les autres religions

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: Ajouté le 28/1/2006 à 15:23

 

De l’Islam comme message universel :

Ultime religion révélée, l’Islam est le message de Dieu tout-Puissant à son prophète Mohammed Ibn Abdullah, que la Prière et le salut soient sur lui, par la révélation du Coran qui est venu attester la véracité de la Torah et de l’Évangile, mais aussi prêcher la bonne parole et montrer les voies du bien et  du salut dans le monde d’ici-bas et de l’Au-delà. De fait, Mohammed, que la Prière et le Salut soient sur lui, est le messager de Dieu à toute l’Humanité et non seulement aux Arabes, et ce en vertu de la parole divine : «Nous ne t’avons envoyé aux humains qu’en leur totalité, pour porter l’annonce et donner l’alarme»(4), “Prophète, Nous t’avons envoyé pour témoigner, porter la bonne nouvelle, donner l’alarme»(5), et «Dis : “Humains, je suis un Envoyé de Dieu à vous tous ensemble»(6). L’unité de l’espèce humaine et l’égalité des groupements ethniques qui la composent sont édictées solennellement par le verbe divin qui décrète : “Humains, Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Si Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, c’est en vue de votre connaissance mutuelle. Le plus digne au regard de Dieu, c’est celui qui se prémunit davantage»(7). Rappelant ce verset lors du pèlerinage de l’Adieu ayant précédé son décès, le Prophète de l’Islam, que la Prière et le Salut soient sur lui, a réitéré  le principe d’égalité ethnique, «ne prêtant de mérite à l’Arabe sur l’Ajami, ni au blanc sur le noir ni au noir sur le rouge, ni au rouge sur le noir, qu’en fonction de la piété de chacun»(8). Cette unité constitue une invitation franche à l’entraide par la connaissance mutuelle, aussi bien qu’une réfutation expresse de la haine par l’antagonisme(9).

S’adressant à la communauté des Croyants, l’Islam leur enjoint de prêter la foi aux différents prophètes et de les traiter sans distinction aucune. N’est-il pas dit, dans le Coran que «L’Envoyé croit en ce dont la descente s’opère sur lui de la part de son Seigneur. Ainsi font  les croyants : tous croient en Dieu et ses Anges, ses Écritures et ses Envoyés, sans faire  aucune différence entre ses Envoyés»(10). Le corollaire logique de ce commandement divin serait d’interdire formellement tout traitement discriminatoire à l’égard des Envoyés de Dieu, au risque de se rendre coupable d’un acte d’impiété et de rupture de foi. Pour qui observe scrupuleusement cette injonction, il aura démontré la preuve de sa bonne foi. En consacrant l’égalité entre les Prophètes, l’Islam administre la preuve irréfutable de son caractère universel et confirme sa nature humaniste. Selon Cheikh Mohammed Rachid Réda, ce principe tient à la fois en l’origine commune des religions révélées qui visent unanimement à faire le salut des hommes, en les mettant sur le chemin du bonheur sur terre et dans le monde de l’Au-delà. Inspirées de la même source, les religions qui se sont succédée, présentaient des différences de pure forme, perceptibles à travers les modalités et pratiques propres à chacune d’elles. De fait, les contingences spatio-temporelles et les prédispositions des populations déterminaient la nature des obligations à prescrire afin de ménager des compatibilités acceptables. Ce processus de prédication religieuse s’est poursuivi jusqu’à l’avènement du Prophète de l’Univers qui mit un terme à la révélation graduelle. Les  dogmes de la nouvelle religion étaient valables en tout temps et sous toutes les latitudes. Seuls les aspects changeants de la vie humaine peuvent autoriser à imaginer de nouvelles réglementations. Cette nature dualiste reste l’apanage exclusif de l’Islam qui s’en prévaut sur les autres religions. En offrant à l’homme la possibilité de se doter de nouvelles lois en accord avec ses besoins, l’Islam aura proclamé l’inviolabilité de la dignité humaine, ouvrant ainsi la voie à l’entente des peuples(11).

Du fait de son universalité, l’Islam a favorisé l’ouverture de la culture  et de la civilisation islamiques sur les civilisations des autres nations, donnant lieu à une interaction active entre elles. Pour preuve, l’Islam est réfractaire à l’égocentrisme civilisationnel dont les visées hégémoniques se traduisent par la  volonté de mettre les peuples de la terre sous la tutelle d’une civilisation dominante. A l’opposé de cette philosophie de massification et d’uniformisation, l’Islam se prononce en faveur d’un forum de civilisations, aussi multiples que variées, qui bannissent les tendances hégémonistes au bénéfice d’une interaction structurée autour du patrimoine universel(12).

Fidèle à son essence universelle, l’Islam s’oppose catégoriquement à l’égocentrisme religieux qui ne considère  comme valable qu’une seule et unique religion. L’alternative  qu’il propose est la reconnaissance des autres confessions, qualifiant de naturelle cette multiplicité voulue par Dieu. Vouloir réfuter cette donnée divine revient à rejeter la loi immuable de Dieu, consacrée dans son verbe : «A chacun de vous Nous avons ouvert un accès, une avenue, si Dieu avait voulu, Il aurait fait de vous une communauté unique, mais Il voulait vous éprouver en ses Dons. Faites assaut de bonnes actions vers Dieu»(13) et «si ton Seigneur l’avait voulu, Il aurait fait de tous les humains une communauté unique, alors qu’ils persistent dans  leurs différends, à l’exception de ceux à qui ton Seigneur dispense sa miséricorde. Aussi bien les a-t-il créés pour ce destin»(14). En instituant la diversité comme valeur intrinsèque de l’espèce humaine, le Très-Haut a, en revanche, subordonné le pluriconfessionnalisme à des règles communes astreignantes, en l’occurrence la foi monothéiste en un Dieu unique, la foi en le monde de l’au-delà et l’observance des règles de la bonne conduite. Tels sont les fondements de la confession monothéiste qui se retrouvent dans l’ensemble des apostolats, depuis Adam, en passant par Abraham, Moïse et Jésus, jusqu’à Mohammed, que la Prière et le Salut soient sur eux(15).

En tant que religion proprement universelle, l’Islam spécifie les règles de conduite que doivent observer les musulmans envers les adeptes des autres religions révélées. Il définit, aussi, l’attitude à adopter vis-à-vis des non-musulmans. Tout musulman est, donc, tenu de nourrir une foi absolue en les autres Prophètes. A défaut de se plier à cette obligation, le Croyant porte atteinte à l’intégrité de sa foi. Telle est la preuve la plus éloquente que l’Islam cultive la tolérance dans son sens le plus large. Dieu ne le décrit-il pas dans plus d’un verset : «Il avait fait descendre la Torah et l’Évangile auparavant, comme guidance pour les hommes. Il a fait descendre le Critère» (16) et «Je suis l’envoyé de Dieu vers vous, venu confirmer la Torah en vigueur»(17).

Si l’Islam a fait de la tolérance un de ses principes intangibles qui commandent la conduite du musulman envers le non-musulman, il n’en fait  pas, pour autant, un motif valable pour se laisser dominer par d’autres systèmes de pensée incompatibles avec sa vision. Loin de  contraindre à l’aliénation de ses valeurs propres, cette forme de tolérance n’est pas une réfutation de la différence, mais plutôt un code qui apprend aux hommes comment vivre en convivialité. Tout en insistant sur l’intangibilité des spécificités religieuses, civilisationnelles et culturelles propres à chaque groupement ethnique, l’Islam ne perçoit pas ces particularismes comme des écueils à la connaissance mutuelle et à la coopération entre les nations et les peuples de la terre.

Au-delà des attaches de parenté, de proximité géographique, de race ou de classe, l’Islam privilégie incontestablement le lien de l’appartenance religieuse commune. Le musulman doit se sentir plus proche de ses coreligionnaires que des mécréants.

C’est un devoir pour n’importe quel musulman, quel qu’en soit le rang de défendre la dignité de sa communauté et de s’allier à ses coreligionnaires contre tout péril extérieur. Ce réflexe naturel n’est pas le propre de l’Islam, puisqu’il est inhérent à n’importe quelle autre confession(18).

Si profond soit-il, le lien de la religion n’en exclut pas pour autant le bien-fondé d’autres liens qui conditionnent la  vie des musulmans et les comportements à observer vis-à-vis des adeptes des autres religions révélées. Selon Dr Youssef Al Qardaoui, il existe plusieurs formes de fraternité autres que celle dictée par la religion commune, qui reçoivent l’aval de l’Islam, telles la fraternité nationale et humaine(19).

Outre la valeur de la fraternité, l’islam revendique son universalité à travers le rang éminent qu’il attribue à l’homme. Ce statut privilégié est consacré dans le Coran qui proclame que: «Nous sommes généreux envers les fils d’Adam, Nous les transportons sur la terre et sur la mer, Nous leur attribuons bien des choses bonnes et les privilégions sur beaucoup d’autres de Nos créatures»(20). Descendants d’Adam et d’Eve, tous les hommes sont liés par le sang qui en fait des cousins, tantôt consanguins, tantôt utérins. Ce tissu de  parentés doit, en principe, régir les relations entre les différents représentants ethniques de l’espèce humaine. Si la diversité humaine est un fait indéniable, Dieu le Très-Haut n’en rappelle pas moins l’origine commune, en statuant «Ô Humains, Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Si Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, c’est en vue de votre connaissance mutuelle»(21). L’appel à la connaissance mutuelle, exprimé par le verbe «Taarafou», pose implicitement une condition sine qua non, celle de ne retenir de cette connaissance mutuelle que  les aspects bénéfiques qu’il importe de promouvoir(22). A vrai dire, la notion de «connaissance mutuelle» en recouvre plusieurs autres, comme la coopération et la coexistence. Elle est, également, synonyme du dialogue constructif qui suppose le respect mutuel.

 

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