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De lIslam comme message universel :
Ultime religion révélée, lIslam est le message de Dieu tout-Puissant à son prophète Mohammed Ibn Abdullah, que la Prière et le salut soient sur lui, par la révélation du Coran qui est venu attester la véracité de la Torah et de lÉvangile, mais aussi prêcher la bonne parole et montrer les voies du bien et du salut dans le monde dici-bas et de lAu-delà. De fait, Mohammed, que la Prière et le Salut soient sur lui, est le messager de Dieu à toute lHumanité et non seulement aux Arabes, et ce en vertu de la parole divine : «Nous ne tavons envoyé aux humains quen leur totalité, pour porter lannonce et donner lalarme»(4), Prophète, Nous tavons envoyé pour témoigner, porter la bonne nouvelle, donner lalarme»(5), et «Dis : Humains, je suis un Envoyé de Dieu à vous tous ensemble»(6). Lunité de lespèce humaine et légalité des groupements ethniques qui la composent sont édictées solennellement par le verbe divin qui décrète : Humains, Nous vous avons créés dun mâle et dune femelle. Si Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, cest en vue de votre connaissance mutuelle. Le plus digne au regard de Dieu, cest celui qui se prémunit davantage»(7). Rappelant ce verset lors du pèlerinage de lAdieu ayant précédé son décès, le Prophète de lIslam, que la Prière et le Salut soient sur lui, a réitéré le principe dégalité ethnique, «ne prêtant de mérite à lArabe sur lAjami, ni au blanc sur le noir ni au noir sur le rouge, ni au rouge sur le noir, quen fonction de la piété de chacun»(8). Cette unité constitue une invitation franche à lentraide par la connaissance mutuelle, aussi bien quune réfutation expresse de la haine par lantagonisme(9).
Sadressant à la communauté des Croyants, lIslam leur enjoint de prêter la foi aux différents prophètes et de les traiter sans distinction aucune. Nest-il pas dit, dans le Coran que «LEnvoyé croit en ce dont la descente sopère sur lui de la part de son Seigneur. Ainsi font les croyants : tous croient en Dieu et ses Anges, ses Écritures et ses Envoyés, sans faire aucune différence entre ses Envoyés»(10). Le corollaire logique de ce commandement divin serait dinterdire formellement tout traitement discriminatoire à légard des Envoyés de Dieu, au risque de se rendre coupable dun acte dimpiété et de rupture de foi. Pour qui observe scrupuleusement cette injonction, il aura démontré la preuve de sa bonne foi. En consacrant légalité entre les Prophètes, lIslam administre la preuve irréfutable de son caractère universel et confirme sa nature humaniste. Selon Cheikh Mohammed Rachid Réda, ce principe tient à la fois en lorigine commune des religions révélées qui visent unanimement à faire le salut des hommes, en les mettant sur le chemin du bonheur sur terre et dans le monde de lAu-delà. Inspirées de la même source, les religions qui se sont succédée, présentaient des différences de pure forme, perceptibles à travers les modalités et pratiques propres à chacune delles. De fait, les contingences spatio-temporelles et les prédispositions des populations déterminaient la nature des obligations à prescrire afin de ménager des compatibilités acceptables. Ce processus de prédication religieuse sest poursuivi jusquà lavènement du Prophète de lUnivers qui mit un terme à la révélation graduelle. Les dogmes de la nouvelle religion étaient valables en tout temps et sous toutes les latitudes. Seuls les aspects changeants de la vie humaine peuvent autoriser à imaginer de nouvelles réglementations. Cette nature dualiste reste lapanage exclusif de lIslam qui sen prévaut sur les autres religions. En offrant à lhomme la possibilité de se doter de nouvelles lois en accord avec ses besoins, lIslam aura proclamé linviolabilité de la dignité humaine, ouvrant ainsi la voie à lentente des peuples(11).
Du fait de son universalité, lIslam a favorisé louverture de la culture et de la civilisation islamiques sur les civilisations des autres nations, donnant lieu à une interaction active entre elles. Pour preuve, lIslam est réfractaire à légocentrisme civilisationnel dont les visées hégémoniques se traduisent par la volonté de mettre les peuples de la terre sous la tutelle dune civilisation dominante. A lopposé de cette philosophie de massification et duniformisation, lIslam se prononce en faveur dun forum de civilisations, aussi multiples que variées, qui bannissent les tendances hégémonistes au bénéfice dune interaction structurée autour du patrimoine universel(12).
Fidèle à son essence universelle, lIslam soppose catégoriquement à légocentrisme religieux qui ne considère comme valable quune seule et unique religion. Lalternative quil propose est la reconnaissance des autres confessions, qualifiant de naturelle cette multiplicité voulue par Dieu. Vouloir réfuter cette donnée divine revient à rejeter la loi immuable de Dieu, consacrée dans son verbe : «A chacun de vous Nous avons ouvert un accès, une avenue, si Dieu avait voulu, Il aurait fait de vous une communauté unique, mais Il voulait vous éprouver en ses Dons. Faites assaut de bonnes actions vers Dieu»(13) et «si ton Seigneur lavait voulu, Il aurait fait de tous les humains une communauté unique, alors quils persistent dans leurs différends, à lexception de ceux à qui ton Seigneur dispense sa miséricorde. Aussi bien les a-t-il créés pour ce destin»(14). En instituant la diversité comme valeur intrinsèque de lespèce humaine, le Très-Haut a, en revanche, subordonné le pluriconfessionnalisme à des règles communes astreignantes, en loccurrence la foi monothéiste en un Dieu unique, la foi en le monde de lau-delà et lobservance des règles de la bonne conduite. Tels sont les fondements de la confession monothéiste qui se retrouvent dans lensemble des apostolats, depuis Adam, en passant par Abraham, Moïse et Jésus, jusquà Mohammed, que la Prière et le Salut soient sur eux(15).
En tant que religion proprement universelle, lIslam spécifie les règles de conduite que doivent observer les musulmans envers les adeptes des autres religions révélées. Il définit, aussi, lattitude à adopter vis-à-vis des non-musulmans. Tout musulman est, donc, tenu de nourrir une foi absolue en les autres Prophètes. A défaut de se plier à cette obligation, le Croyant porte atteinte à lintégrité de sa foi. Telle est la preuve la plus éloquente que lIslam cultive la tolérance dans son sens le plus large. Dieu ne le décrit-il pas dans plus dun verset : «Il avait fait descendre la Torah et lÉvangile auparavant, comme guidance pour les hommes. Il a fait descendre le Critère» (16) et «Je suis lenvoyé de Dieu vers vous, venu confirmer la Torah en vigueur»(17).
Si lIslam a fait de la tolérance un de ses principes intangibles qui commandent la conduite du musulman envers le non-musulman, il nen fait pas, pour autant, un motif valable pour se laisser dominer par dautres systèmes de pensée incompatibles avec sa vision. Loin de contraindre à laliénation de ses valeurs propres, cette forme de tolérance nest pas une réfutation de la différence, mais plutôt un code qui apprend aux hommes comment vivre en convivialité. Tout en insistant sur lintangibilité des spécificités religieuses, civilisationnelles et culturelles propres à chaque groupement ethnique, lIslam ne perçoit pas ces particularismes comme des écueils à la connaissance mutuelle et à la coopération entre les nations et les peuples de la terre.
Au-delà des attaches de parenté, de proximité géographique, de race ou de classe, lIslam privilégie incontestablement le lien de lappartenance religieuse commune. Le musulman doit se sentir plus proche de ses coreligionnaires que des mécréants.
Cest un devoir pour nimporte quel musulman, quel quen soit le rang de défendre la dignité de sa communauté et de sallier à ses coreligionnaires contre tout péril extérieur. Ce réflexe naturel nest pas le propre de lIslam, puisquil est inhérent à nimporte quelle autre confession(18).
Si profond soit-il, le lien de la religion nen exclut pas pour autant le bien-fondé dautres liens qui conditionnent la vie des musulmans et les comportements à observer vis-à-vis des adeptes des autres religions révélées. Selon Dr Youssef Al Qardaoui, il existe plusieurs formes de fraternité autres que celle dictée par la religion commune, qui reçoivent laval de lIslam, telles la fraternité nationale et humaine(19).
Outre la valeur de la fraternité, lislam revendique son universalité à travers le rang éminent quil attribue à lhomme. Ce statut privilégié est consacré dans le Coran qui proclame que: «Nous sommes généreux envers les fils dAdam, Nous les transportons sur la terre et sur la mer, Nous leur attribuons bien des choses bonnes et les privilégions sur beaucoup dautres de Nos créatures»(20). Descendants dAdam et dEve, tous les hommes sont liés par le sang qui en fait des cousins, tantôt consanguins, tantôt utérins. Ce tissu de parentés doit, en principe, régir les relations entre les différents représentants ethniques de lespèce humaine. Si la diversité humaine est un fait indéniable, Dieu le Très-Haut nen rappelle pas moins lorigine commune, en statuant «Ô Humains, Nous vous avons créés dun mâle et dune femelle. Si Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, cest en vue de votre connaissance mutuelle»(21). Lappel à la connaissance mutuelle, exprimé par le verbe «Taarafou», pose implicitement une condition sine qua non, celle de ne retenir de cette connaissance mutuelle que les aspects bénéfiques quil importe de promouvoir(22). A vrai dire, la notion de «connaissance mutuelle» en recouvre plusieurs autres, comme la coopération et la coexistence. Elle est, également, synonyme du dialogue constructif qui suppose le respect mutuel.
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